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Vous avez choisi : Les élus

 

Pour prendre le relais, les coureurs doivent proposer une suite à l'histoire en respectant les paramètres suivants :

  • L'axe du texte doit être respecté par chaque auteur prenant le relais.
  • Le nombre de pages se limite à trois dans toutes les épreuves. Il s'agit de pages standard 8½ x 11 rédigées en 12 points à simple interligne. Le texte ne doit donc pas excéder 1700 mots.
  • Le nombre de chapitres par livre pourra changer selon la variance des sujets.
  • Un sprint final commencera quatre semaine avant la fin de la course, donnant ainsi l'occasion aux auteurs de prévoir l'écriture d'une fin plausible à chaque bouquin.
  • Les auteurs ont le droit de participer à toutes les épreuves, mais ne peuvent le faire qu'une seule fois par chapitre.
  • Le relais se prendra à chaque semaine, dès que les nouveaux chapitres seront mis en ligne.

Voici où l'histoire en est rendue. Après lecture, proposez-nous une suite dans la zone prévue à cet effet à la fin du texte.

 


 

Les élus

Introduction

 

Le vrai titre de ce livre destiné à tromper le peuple et à semer la confusion parmi la classe moyenne, qui s’attend depuis toujours à un traitement comparable à celui de l’élite sans en avoir le droit inné.

L’offre : une forme de pouvoir pouvant confirmer leur propre sentiment de supériorité sur les classes encore moins fortunées qu’eux-mêmes.

Le plan : l’offrande du leurre devrait être acceptée avec empressement en ces jours de chaos total sur une planète décapitée par les affres de changements globaux, soient-ils climatiques, politiques ou  religieux.

Les participants : tous ceux qui ont le pouvoir de transformer les mots en chapitres, les chapitres en tomes, les tomes en livres, et finalement les livres en histoires crédibles aux yeux du commun des mortels.

 

Péface de l'initiateur

Ce livre porte sur les pouvoirs inutilisés enfouis à l’intérieur de certaines personnes qui en sont à demi conscientes et se demandent depuis longtemps pourquoi elles ont en eux le sentiment d’être différentes. Elles sont sûres d’elles-mêmes et souvent frondeuses sans trop savoir pourquoi.

Ces personnes je peux vous l’affirmer, ont des pouvoirs qu’elles sentent à fleur de peau, mais n’en connaissent pas la méthode d’utilisation, ou si vous aimez mieux, elles ont perdu le mode d’emploi.

Si je peux décrire cet état d’âme ainsi c’est que je l’ai moi-même ressenti au fil des années tumultueuses d’une vie sans queue ni tête, c’est à dire sans vraiment aucune continuation ou constance quelconque dans quelque domaine que ce soit. Je suis ce que les psy ou autres cerveaux cartésiens du même genre décrivent comme un individu instable ne persistant jamais assez longtemps dans aucun domaine particulier pour en apprendre tous les tenants et aboutissants. Du moins c’est ce qu’ils assument dans toute leur sagesse, acquise en sept ou huit années d’apprentissages universitaires.

Ces études sensées les préparer à comprendre les grands mystères de la vie leur donnent à eux aussi un grand pouvoir, celui que confère l’éducation. Cette dernière n’est toutefois pas garante d’équilibre au niveau du cerveau de certains d’entre eux.

Nous devons tout de même respecter leurs opinions, qui font loi dans bien des cas, Tout cela selon la quantité de matière qu’il peuvent réussir à faire tomber de votre tête pour fin d’analyses. S’ils pouvaient vous le faire cracher sur le sol afin de le lire, votre mode d’emploi n’aurait plus de secret pour eux et c’est précisément ce que beaucoup d’entre eux aimeraient vous laisser croire à propos de leur diagnostic sans faille, qui ne saurait prendre en considération les sujets que je m’apprête à aborder.

Je prends donc le temps et la responsabilité de me prononcer sur ce sujet, sans toutefois prétendre enseigner, initier ou révéler des secrets initiatiques quelconques. Les choses que je m’efforcerai de décrire ici avec la plus grande exactitude en mon pouvoir, sont des découvertes que j’ai faites moi-même au cours d’une vie remplie d’événements tous les plus farfelus ou étranges les uns que les autres, mais toujours dans la limite du réel, et que je m’efforce de décoder depuis ma plus tendre enfance. Il m’a fallu plus d’un demi-siècle pour pouvoir commencer à conclure et à compiler les résultats de cette analyse. Je vous offre de comparer vos résultats avec les miens, si vous figurez parmi la liste sélective de ces élus bien entendu.

Nous possédons des pouvoirs insoupçonnés de la majorité de nos contemporains. Nous nous rencontrons tous les jours, mais étant noyés dans la multitude, ignorons tout les uns des autres. Il est grand temps de découvrir qui est qui.

Je crois que le moment est arrivé de nous lever pour faire face à de nouveaux défis pour lesquels nous avons été préparés et que nous attendons tous depuis longtemps.

Avant tout cependant, il vous faut prendre conscience de ces pouvoirs en vous, afin de les réveiller et de les affiner en vue de préparer le reste du monde à réaliser la force en vous et l’ampleur des événements qui s’apprêtent à prendre place sur notre planète.

Si vous vous refusez à accomplir le travail auquel vous étiez destiné, nul ne le saura autour de vous, car les pouvoirs s’annuleront d’eux-mêmes, faute de motivation de votre part envers vos obligations. Vous ferez désormais partie des autres, ceux qui ne figurent pas dans les plans d’œuvre originels.

Le libre-choix a toujours été une option donnée à tout être vivant intelligent et apte à raisonner, qui se démarque ainsi du reste de la création. Cette option toutefois n’en fait pas nécessairement un être d’exception faisant partie de ceux auxquels je m’adresse aujourd’hui par l’intermédiaire de ce livre.

Ceux qui croient que ce que je vais révéler ici pourrait nuire à certaines personnes n’ont rien à craindre, car ceux qui font partie des élus se reconnaîtront et agiront. Ceux qui ne sont pas concernés ne comprendront rien et dans quelques jours, ils auront oublié mes paroles, même si celles-ci resteront écrites et à la portée de quiconque ressentira le besoin de les consulter.

 

Chapitre 1

Le sentiment de déjà-vu

 

Qui ne l’a jamais ressenti ? Tous me direz-vous. Bonne question, mauvaise réponse.

Le fait que vous puissiez avoir ressenti cet état de « déjà-vu » ne signifie pas que tous le monde autour de vous ait pu se retrouver dans cette espèce d’espace temporel privilégié que beaucoup moins de gens que vous pouvez vous imaginer ont eu la chance d’expérimenter. Certaines personnes vont éprouver ce sentiment une seule fois dans leur vie, d’autres beaucoup plus souvent. Je ne peux pas expliquer les raisons de cette fréquence aléatoire, mais je peux vous dire que plus vous prenez conscience de vos pouvoirs et affichez une confiance grandissante en ceux-ci, plus vous vous retrouverez face à ce phénomène qui fait partie d’une sorte de porte reliée à l’espace-temps et à une autre dimension que nous nous apprêtons à découvrir sous peu en cet âge de transferts et de convergence vers une vie nouvelle.

Les gens qui ont eu cette sorte d’expérience auront bien plus souvent l’esprit ouvert et enclin à la recherche spirituelle que la majorité des « autres » qui se contentent de regarder passer la vie, faute de connaissance ou si vous préférez, de reconnaissance de ces manifestations sans équivoque pour vous. Le sentiment de sécurité et de force que laissent ces épisodes de déjà-vu ne trompe pas. Plus vous les vivrez et plus vous vous sentirez fort et armé contre tous les matamores de ce monde qui auront l’air bien insignifiants dans leur petit monde de présumé pouvoir et de richesses matérielles.

Je me souviens avoir éprouvé ces sensations dès mon plus jeune âge, lorsque je fréquentais l’école primaire du quartier où je vivais à l’époque. Les souvenirs de ces événements sont maintenant dilués dans ma mémoire d’adulte. Même si je m’efforce de les ramener à la surface, je ne peux toujours pas les voir ou encore moins les identifier. Tout ce que je peux affirmer sans aucun doute, c’est qu’ils sont présents et ont bien eu lieu. 

Le premier souvenir qui est maintenant et pour toujours dans ma tête s’est produit à l’age de dix-huit ans. Je suis arrivé face à face avec un garçon de mon âge, ou plutôt d’environ un an et demi mon cadet, et lorsque nos yeux se sont rencontrés, il s’est produit comme une déchirure dans le temps et nous sommes restés figés tous les deux pour un court instant, qui a semblé bien long sur le moment. Une fraction de seconde fut pourtant le temps de cette rencontre marquante dans ma vie et vous comprendrez un peu plus loin pourquoi.

Je ne connaissais pas Pierrot à ce moment-là, mais je lui ai adressé la parole tout de même, car je ne pouvais pas continuer mon chemin sans connaître la raison pour laquelle notre rencontre avait provoqué ces étincelles, si je peux nommer l’incident ainsi. Je lui ai dit salut et il m’a répondu. Je lui ai ensuite demandé si on se connaissait, il m’a dit non ! Il souriait comme un enfant. Je me sentais ému comme si je venais de retrouver un petit frère perdu depuis longtemps.

Ensuite il m’a demandé qui j’étais. Je n’étais pas surpris et je me rappelle clairement lui avoir dit : « Tu ne trouves pas que c’est comme si on se connaissait  ? » Il m’a répondu : « Oui, c’est comme si je t’avais déjà vu. » Bizarre hein, qu’on s’est dit pour ensuite reprendre nos chemins respectifs. Je passerais les détails de nos aventures communes ultérieures, mais nous devînmes par la suite les deux meilleurs amis que la terre eût portés. Cette épisode n’est jamais sortie de ma vie, car Pierrot est mort sans prévenir quelques années plus tard, à la suite d’un terrible accident de circulation, me laissant dans une grande tristesse. Dieu m’avait enlevé le seul petit frère que j’ai jamais osé avoir, car le reste de ma vie je l’ai vécu sans jamais avoir un autre frère. Je suis un loup solitaire, comme beaucoup d’entre vous qui faites partie des élus, quand bien même vous le nieriez pour le moment, étant prudents de nature et sceptiques à l’extrême .

Je sais que si vous me lisez, un pas est fait, et malgré la fébrilité qui pourrait vous envahir, vous prendrez le temps de scruter à la loupe et d’analyser tout ce que je pose sur cette feuille de papier. Je ne vous blâme pas. Au contraire, je vous en félicite, car la prudence est de mise dans ce cas-ci. Le temps des faux christs et des faux prophètes est bien là.

Alors je poursuis en vous disant simplement que ces épisodes de déjà-vu ne se produisent pas sans raisons. Elles servent à vous préparer en vous laissant entrevoir des possibilités de ressources personnelles inconnues jusqu’ici. Le peu que vous entrevoyez sert à apprivoiser ces nouveaux pouvoirs avec lesquels vous devez vous familiariser dès maintenant au cours de cette vie présente. Pour ceux qui, comme moi, sont sceptiques, je donne un exemple de question qui m’est venue à l’esprit à maintes reprises au cours de mon existence : « Pourquoi est-ce maintenant que je prends conscience de ces prétendues épisodes de déjà-vu  ? Si j’ai déjà vécu une autre vie, pourquoi serait-ce maintenant que j’en prendrais connaissance  ? Pourquoi ne m’en suis-je pas souvenu plus tôt comme dans une autre vie ??? » Je crois que c’est tout simplement parce que je n’ai pas eu d’autre vie, du moins pas sur cette terre comme je la vois aujourd’hui. Peut-être que j’entrevois des choses qui se passent en parallèle et que cette vie qui s’achève pour moi ici est la fin de mon cheminement spirituel.

Comprenez-moi : si vous avez atteint ce stade de compréhension, vous en êtes sûrement à l’étape finale de votre voyage spirituel. Je suis sûr à 100 % que si vous me lisez et comprenez ce à quoi je réfère, vous avez déjà eu comme sensation le sentiment d’être ici en observateur. Le fait que cette vie sur terre n’ait aucun sens pour vous est la preuve de ce que j’avance. Vous êtes probablement de niveau supérieur à tous ceux qui vous entourent, sans toutefois toujours être à la bonne place dans les échelons sociaux de cette société déglinguée qui accueille à sa tête les plus étourdis et les moins brillants sur le plan spirituel et ce dans le but bien précis de participer à la destruction finale de cette planète qui agonise sous nos yeux d’observateurs. Les plus bohèmes d’entre nous ont compris depuis un certain temps que le matérialisme était un outil de destruction et que de s’en encombrer inutilement ne ferait que nous tourmenter et nous aveugler dans notre quête de vérité. La liberté des contraintes matérielles est nécessaire à l’épanouissement des élus et ne fera qu’entraver leurs efforts pour la recherche des pouvoirs auxquels ils ont droit.

Ceux qui préconisent la charité comme exemple de leurs pouvoirs n’en ont en fait aucun. L’image que leur renvoie leur miroir ne change pas à la mesure des dollars qu’ils ont distribués, et cela ils le savent fort bien. Les gens qu’ils ont dû écraser pour arriver à pouvoir donner ces deniers mal acquis, dans mon livre à moi, se comptent en multitudes, alors que ceux qui profitent de leur aide se comptent sur le bout des doigts. Leurs esprits calculateurs savent bien tout cela et comptent sur la naïveté du commun des mortel pour continuer à faire preuve de bonne conscience.

Pour en revenir à mes explications sur votre profil que je prétends connaître, puisqu’il est aussi le mien, je vous vois très logique. Tout ce que vous faites en réalité est basé sur la logique. Vous refuserez obstinément de faire quelque chose contre votre gré si ce n’est pas logique selon vos paramètres à vous. Je dois insister sur le « vos » parce que chacun de nous a une base de logique inculquée en soi depuis son plus jeune âge, mais les paramètres changent à mesure que nous vieillissons et acquérons de nouvelles expériences qui changent les donnés et, de ce fait même, les résultats. Nous avons donc tous des paramètres différents dont la base est la même, d’où certaines sources de discordance pour ceux qui ont l’esprit étroit et se refusent à comprendre la logique. Ce qui ne devrait pas être le cas de ceux qui poursuivent cette lecture, si je me suis bien fait comprendre.

Donc, pour revenir au déjà-vu, je clos cet épisode en vous demandant de bien réfléchir à ce que j’ai dit jusqu’à maintenant. Je vous prierais ensuite de revenir en arrière dans votre esprit, en relaxant où bon vous semblera. Essayez ensuite de visualiser le plus d’incidents possibles reliés à ce phénomène  pour vous en imprégner totalement et tenter de les garder en mémoire aussi longtemps qu’il vous sera possible de le faire. Cet exercice a un but bien précis que je vous dévoilerai plus tard dans ce livre.  

Chapitre 2

Aire de départ du maître des transferts :

le déni de la douleur corporelle

 

J’aborde maintenant un sujet très controversé qui contient de nombreux exemples de gens tout à fait normaux qui ont une tolérance à la douleur hors de l’ordinaire, bien qu’étant eux-mêmes des gens bien ordinaires, sans pouvoirs particuliers et sans aspirations à la possession de tels pouvoirs.

Qui d’entre nous n’a pas assisté à des exploits hors normes de gens résistant à la souffrance et à la douleur dans des circonstances sortant de l’ordinaire comme des accidents de la route ou de travail, à l’occasions desquelles les gens ont subi de graves blessures qui les rendraient normalement inconscients. Ces incidents sont facilement expliqués par le phénomène de décharge d’adrénaline ou de relâchement d’endomorphine qui sont des phénomènes normaux chez tous les êtres humains.

Les exemples de résistance à la douleur que je tiens à mentionner ici sont plus du genre de ceux que l’on prévoit et que l’on accepte sans broncher et surtout sans souffrir, pour mieux survivre dans un environnement prédéterminé. Je donnerais comme exemple concret mes propres expériences faites justement dans un but de découverte et non pas par masochisme comme certains pourraient le croire.

La première fois où j’ai voulu tester mon seuil de douleur personnel, j’avais un rendez-vous chez le dentiste pour effectuer trois plombages sur des dents avariées. Je m’étais préparé mentalement pour ce rendez-vous avec la douleur et le malheureux dentiste ne pouvait pas concevoir le fait que je veuille subir une telle opération sans l’aide de sa drogue bienfaisante. Je dû insister sur le fait que j’avais peur des aiguilles qu’il devait utiliser pour me faire une injection de son produit antidouleur. Il se laissa convaincre finalement pour ensuite procéder à la partie soi-disant douloureuse de l’opération.

Je vidais mon conscient de toute pensée et le laissais travailler pendant environ quinze minutes, au bout desquelles il dut presque me réveiller pour appliquer la pâte nécessaire à l’obturation finale des dents sur lesquelles il avait travaillé avec tant d’acharnement sans me voir broncher une seule fois. J’avais alors vingt-deux ans et je me suis permis de répéter l’expérience à maintes reprises, avec les mêmes résultats. Je me suis même offert le luxe de me faire extraire une dent de sagesse par une dentiste plus effrayée que moi par la perspective de douleur qui s’imposait sous ses yeux.

C’est franchement la seule fois où j’ai regretté ma décision. J’ai eu un coup directement au cœur lorsque la dent a finalement quitté son socle. Cela n’a duré qu’une fraction de seconde, mais je crois bien que j’ai senti la mort. Cela vous paraîtra peut-être un peu exagéré juste pour une dent, mais je ne peux l’expliquer autrement, et la mort je connais, car elle m’a évité à plusieurs reprises dans ma vie.

Je crois fermement, après ce que je viens de vous raconter, que le pouvoir de résister à la douleur est donné à tous ceux qui font partie des élus. L’abstraction mentale nécessite une forte commande de la volonté appartenant au sujet de cette mise en situation très pénible pour la plupart des gens normaux. Ce n’est surtout pas un pré-requis pour ceux qui en sont au stade de découverte de leurs pouvoirs dormants. Il ne sert à rien de souffrir juste pour le jeu, qui devient alors du masochisme, stade qui en a perverti plus d’un au fil des siècles. Le fait de posséder ces pouvoir ne rend pas infaillible et juste.

Le libre-choix est toujours en vigueur et n’influence pas la possession des pouvoirs concernés. La force physique peut aussi expliquer les cas de résistance à la douleur. Certains hommes sont des forces de la nature à la naissance et le demeurent tout au long de leur existence. Leur destin ne peut être modifié et ils feront leurs marques au-dessus de leurs contemporains sans que personne ne puisse donner d’explication valable face à leurs prouesses. Ces hommes ne sont pas nécessairement doués de l’intelligence reliée à leur force, souvent plus nettement physique que cérébrale. Leur dons, car je crois sincèrement que l’on peut qualifier cette force ainsi, est un cadeau de la nature incontestable qui est donné à peu d’entre nous sous une forme aussi démonstrative. Cependant, tout homme qui en ressent le besoin peut, s’il le veut, avoir recours à des ressources intérieures lui permettant l'usage d'une force physique phénoménale dans des cas d’urgence spécifiques.

Je me souviens avoir vu une jeune femme moyenne soulever une auto pour sauver un enfant qui se trouvait coincé sous les roues après un accident spectaculaire. Les cas de ce genre abondent dans les annales de faits divers de tous les pays du monde. Je ne crois pas que l’adrénaline justifie toujours ces exploits fantastiques dont nous abreuvent les journaux populaires.

La volonté se maîtrise par elle-même. Comment pourrions-nous la décrire si ce n’est que comme une force intérieure propre à chaque humain, mais dont très peu d’entre eux savent faire un usage contrôlé. La plupart des gens ne se servent pas ou si peu de cette fonction qui fait peur à la majorité d’entre eux parce qu’elle implique presque toujours une restriction ou, si vous aimez mieux, une privation quelconque. Il en ressort le plus souvent une demande pour un effort soutenu dans le but de régler un problème quelconque ou d’accomplir un exploit personnel. La direction prise lors de la prise de conscience réelle en ce qui a trait à l’usage de la volonté est dans un but complètement différent de ceux normalement pris pour acquit. Si je mets ma volonté au service de mes pouvoirs dormants, je vais découvrir une force incroyable qui est plutôt dure à comprendre et à maîtriser au début. Je dois cependant persister et c’est là que ma volonté va entrer en jeu pour m’appuyer dans ma démarche et dans ma recherche spirituelle. Le côté spirituel de ce cheminement peut sembler vous ennuyer un peu, mais il est partie intégrante de ce processus pour découvrir si vous êtes en possession de ces pouvoirs exceptionnels. Vous ne pouvez accéder à l’un sans passer par l’autre. Si les mots vous font peur, vous n’êtes pas à la bonne adresse. Vous vous êtes tout simplement trompé de bouquin. Retournez à la case départ et re-brassez les dés.

Le mur

Pour ceux d’entre vous qui ont décidé de rester avec nous, je vais maintenant aborder un autre sujet qui m’a incontestablement servi plus d’une fois dans mon existence : le pouvoir de se foutre des gens ou, si vous préférez, le sens du détachement nécessaire pour pouvoir poursuivre son chemin sans se retourner afin de conclure les étapes requises dans votre cheminement terrestre. Cette partie de notre épopée en est une parfois des plus difficile. Pour ma part, puisque je suis reconnu comme un être instable, ce ne fut pas trop ardu de faire mon chemin sans me retourner, car j’ai été convaincu depuis mon adolescence du fait que je n’étais ici que comme observateur. Les choses se devaient d’être rapides et expéditives au maximum durant les premiers cinquante ans de ma vie. Elles ont depuis pris un rythme plus adapté aux années vieillissantes de mon corps, qui se refuse maintenant à suivre la cadence que je voudrais bien continuer à lui imposer. Comme le reste du monde, je ne suis pas éternel sur cette terre et mon passage ne peut que se terminer bientôt, ayant totalement abusé de ce véhicule dans le but de terminer la course dans les plus brefs délais « humainement » possible. J’avoue que je n’ai pas souvent prêté attention aux signaux de détresse que m’envoyait ce corps. Je ne le considérais pas comme une chose d’une importance majeure dans ma vie, et ne le fais toujours pas malgré toutes les difficultés que je rencontre aujourd’hui en égard à ce comportement. Je me dit que la suite de l’expérience se poursuit et que je suis toujours la en observateur malgré les souffrances et les arias que cela peut amener. Je me plains comme tout bon chrétien et je bougonne comme tout bon vieux Québécois sans pour autant avoir commencé à radoter. Sauf si, bien entendu, vous considérez ceci comme du radotage. Enfin, si tel est le cas, je dirais que c’est du radotage de première classe. Tout cela pour vous faire comprendre que j’ai érigé des murs autour de moi toute ma vie afin de compléter mon parcours sans causer d’accident majeur, tout en me disant que les mineurs que j’ai pu provoquer étaient dus pour arriver et que ceux qui en ont fait les frais devaient tout comme moi mettre cela sur le compte des expériences à vivre pour compléter leur propre itinéraire tordu. Cela règle le problème des remords en attente de vieux jours. Je n’en ai tout simplement pas. Le mur que j’ai construit s’est avéré d’une efficacité sans faille.

Je ne sais pas si tous ont la même facilité à mettre une longueur de distance entre eux et le reste du monde, mais moi je savais le faire en naissant. Je crois même que j’ai dû repousser ma propre mère lorsqu’elle m’a offert son sein pour m’alimenter la première fois. Je m’attriste devant la misère du monde entier et pleure si je vois un enfant pleurer, mais je ne ressens aucun sentiment personnel assez fort pour changer ma route et ne crois pas en avoir jamais eu pour quiconque, sauf pour Pierrot. Je dois cependant préciser que les événements entourant sa mort furent assez dramatiques pour arracher au moins une larme à un crocodile comme moi.

Cette manière de fonctionner est pourtant assez commune chez les gens de la classe ouvrière, qui doivent se battre pour survivre et doivent souvent se créer une image de dur dès leur plus jeune âge, afin de frayer dans la populace, qui est parfois cruelle à l’égard de ses propres enfants. L’héritage de la misère n’en n’est pas un de tout repos et ceux qui en sortent un jour n’oublient jamais et ne peuvent laisser tomber le masque qu’ils se sont forgé au fil des années, ce reflet de leur âme tourmentée, qui est très souvent affiché dans leur visage malgré les efforts qu’ils font pour maîtriser l’art de sourire.

J’ai dû moi-même me façonner un masque à toute épreuve, composant pendant plusieurs années avec une vie plus que mouvementée passée à la poursuite de chimères et d’expériences farfelues. Je tentais de découvrir le plus rapidement possible à l’intérieur de l’espace-temps qui m’est alloué, les bons et les mauvais côtés de la vie en général. Je sais que certaines gens se reconnaîtront sûrement dans cette description, qu’ils préféreront sans doute qualifier de « brûler la chandelle par les deux bouts » comme épisode de leur propre vie.

Le fait d’avoir survécu à tout cela est pour moi la preuve de la nécessité de ma présence sur terre. À quoi bon survivre à un raz-de-marée si c’est pour mourir heurté par un bus en traversant la rue au sortir de l’océan. Je n’y vois pas de logique, et la logique est ce qui m’a gardé en vie jusqu’à ce jour.  


Parenthèse de l'initiateur

J’ai été averti de ne pas continuer l’écriture de ce livre. Je dois donc m’arrêter sous peine de graves représailles à mon endroit et celui de mon chien. Je demanderais donc à quelqu’un d’autre d’en terminer l’écriture. Je tenterai de communiquer avec cette personne dans un avenir rapproché.

Bonne chance !

Eric Mercie


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