L'escapade temporelle de lord Bing

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Prix : 29,95 $

L'auteur

Éric Mercie est un autodidacte de 57 ans qui a accumulé son bagage de connaissances au cours de nombreuses aventures réelles survenues lors de ses voyages désorganisés qui ont débuté dès l’âge de trois ans, lors d’une première fugue à l’extérieur de la maison d’accueil qui l’hébergeait. Vêtu seulement d’une couche en pleine tempête de neige, il eut droit à sa première pneumonie et à l’attention de toute la maisonnée. Ce dernier fait fut probablement d’ailleurs le déclencheur de cette vie aventurière qui ne s’est jamais arrêtée depuis. Huit années passées assises sur les bancs scolaires lui semblèrent plus que suffisantes pour amorcer cette tumultueuse randonnée à travers l’espace temporel lui étant alloué par le créateur. Le Canada, les États-Unis et l’Amérique du Sud furent son terrain de jeu pour de nombreuses années, ce qui le rendit obligatoirement trilingue. Un goût prononcé pour la lecture acheva de compléter son éducation lors de courts séjours dans différents « collèges à but non lucratif », parsemés ici et là à travers les Amériques. L’écriture de ce livre et de ceux qui suivront est une transposition rocambolesque de ces aventures bien réelles enfouies sous le couvert d’une histoire fantastique. Ce sera au lecteur de découvrir la part de vérité qui l’intéresse et de vivre la partie fantasmatique au gré de sa lecture.

Voici donc quelques extraits de ce premier livre, soit :

  • La table des matières, pour que vous ayez une idée du contenu;

  • Le prologue, pour permettre à l'auteur de s'adresser directement à vous;

  • Le premier chapitre, pour vous donner le goût d'en lire plus;

  • L'endos du livre, parce que c'est ce que l'on regarde tout de suite après la couverture lorsqu'on a le livre en main.

Table des matières

1. Une envie dangereuse

2. Foie gras clandestin

3. La rencontre inconfortable

4. Délit de fuite infernal

5. La morte prend la porte

6. L’heure des infos

7. L’abandon

8. Les nouveaux associés

9. Cuite à la tsar

10. Fuite à l’anglaise

11. Le capitaine en vadrouille

12. Oups ! Retour à la case départ

13. Mein führer

14. Mc2

15. Sur les traces de Néron

16. Drôle d’accueil pour le « petit » nouveau

17. Préparatifs pour l’Amérique

18. Ottawa, U.S.A

Épilogue

L’auteur

Prologue

Pour ceux qui en douteraient, je dois dire que les personnages de ce récit ne sont pas fictifs quoi-que irréalistes au plus haut point. C’est juste que votre esprit n’est parfois pas assez ouvert pour comprendre tous les gens qui vous entourent. Certains d’entre eux ont parfois beaucoup d’imagination et de potentiel pour les voyages intérieurs, qui sont intemporels. C’est-à-dire que vous n’avez pas à mettre de date ou d’époque sur les événements qui les entourent et surtout à ne pas douter de la véracité de l’existence des personnages qui entrent en jeu au cours d’aventures qui peuvent arriver hors du contrôle de leur imagination.

Donc c’est pour dire que dans mon cas, tout ce qui suit se passe réellement et tout ce beau monde se retrouve dans des situations bien réelles dans ma tête. C’est même très important à mon équilibre mental. Lord Bing et cie font partie de mes amis dans mes rêves les plus fous. Je me prends même à l’occasion à croire que je suis lord Bing. L’important est que vous me laissiez à moi et à tous ceux qui vous entourent, le droit et la chance de rêver. Cela permet à tout le monde d’être égal au moins pour le temps d’une évasion intemporelle.

 

Je vous invite donc à voyager avec mes amis l’espace de ce court récit pour les suivre et même participer à leurs aventures dans le temps. Ouvrez une porte dans votre esprit qui vous laissera les rejoindre. Quant à moi, je suis déjà là avec eux, les ayant rencontrés dans un temps indéfini et je vous attends pour vous les présenter et vous mettre à l’aise avec eux. C’est nécessaire et vital à votre survie mentale si vous voulez nous suivre, car nous sommes dans un monde pour les gens ayant un esprit ouvert et possédant un sens d’équipe. Allons-y donc sans perdre de temps; ils nous attendent impatiemment.

 

Chapitre 1

 Une envie dangereuse

En l’an 1870, par un 1er janvier frisquet, monsieur du Calec… se promenait sans but au gré du temps et du vent qui soufflait dans le parc des Ameçons. Il croyait ainsi pouvoir fuir l’aigreur de sa mégère de femme, qui était d’une forme superbe en ce qui avait trait à torturer moralement son mari. Elle prenait un malin plaisir à lui rappeler qu’il n’était qu’un minable fonctionnaire de l’État alors qu’elle, du haut de ses trois cent livres bien pesées, venait d’une famille de nobles anglais héritière de son unique frère, un obscur lord anglais disparu au cours d’un voyage aux Amériques.

 

 

* * *

 

Deux ans auparavant, sur le bateau qui l’y menait, il lui avait pris une envie de se soulager en profondeur. Ne pouvant attendre et ne voyant personne sur le pont arrière, le lord entreprit de baisser son pantalon au grand vent. Mal lui en prit, car au moment même où il se laissa aller d’une diarrhée foudroyante, une bourrasque de vent ne put que le couvrir entièrement de l’objet de son tourment. Fortuitement, croyait-il, le pont toujours désert servirait à le couvrir (même s’il l’était déjà assez bien merci). Dans sa tentative pour éviter le pire et la honte d’une rencontre possible avec d’autres passagers, il fit donc de son mieux pour se débarrasser de la merde dégoulinante en s’essuyant avec son pantalon et son slip. Ceux-ci, objets de délit encombrants devenus inutiles, furent jetés avec empressement par-dessus bord, du moins le croyait-il. Le vent, son ennemi du moment, n’en avait pas fini avec lui. Tournoyant vers la mer et maintenant hors de sa vue, le pantalon se souleva soudainement avec fureur, remontant vers le haut et virevoltant au-dessus du pont jusqu’à la figure du second maître, qui passait par là dans le but fort honorable de faire un petit pipi bien mérité, après avoir bu une bonne douzaine de bières en jouant aux cartes avec trois autres matelots.

 

Lord Bing, c’était son nom, venait juste de voir réapparaître son slip, qui avait suivi de près le pantalon. Il écarquilla les yeux grands d’horreur, suivant la trajectoire du slip, qui passa à deux pieds du second maître, qui essayait de se « débeurrer » du produit visqueux qu’il ne tarda pas à identifier. Le bas du corps nu comme un ver, le lord se mit à courir en direction d’une écoutille, dans le but évident de se cacher, mais pour son grand malheur, le slip, qui avait continué de tournoyer à tout vent, changea soudain de direction et le dépassa pour aller se loger en plein dans la figure du capitaine qui, lui, s’était caché derrière l’écoutille afin de prendre son matelot en chef en flagrant délit d’ivresse. Les cris d’écœurement qui jaillissaient des deux hommes auraient apeuré plus d’un homme doté d’un courage dépassant largement celui de monsieur Bing.

 

Il évalua très vite ses options et en conclut que la fuite serait sa seule option. Mais, dilemme énorme, où fuir sur un bateau de 150 pieds en pleine haute mer ? Il savait bien en son fors intérieur que la rage des deux hommes ne se passerait qu’avec le châtiment le plus terrible qu’ils pourraient imaginer.

 

Lord Bing en tremblait de peur. Il avait entendu les histoires d’horreur que se racontaient les marins dans la taverne du port avant qu’il ne réussisse à convaincre le capitaine à la mine renfrognée de le prendre à bord. Il lui avait clairement laissé savoir que son bateau était un cargo et qu’il ne prenait que quelques passagers triés sur le volet. Les histoires résonnaient encore à son oreille. L’histoire du baril particulièrement lui faisait une peur bleue. On perçait un trou dans un baril de rhum, vide naturellement, et on y plaçait les coupables d’infractions mineures à l’intérieur. On l’entravait de manière à ce que son arrière-train soit dirigé vers le trou et on l’y laissait jusqu’à ce que l’un ou l’autre des matelots ait un désir assez prononcé pour pouvoir se taper un coup dans le trou bien visible, en prenant soin de bien oindre ledit trou avec de la graisse de lard. Il n’osait imaginer la punition pour une infraction majeure...

 

Cela dit, lord Bing prit la plus importante décision de sa vie. Jugeant sa virginité plus importante que sa vie, il sauta tout simplement par-dessus bord, disparaissant à tout jamais dans l’écume des flots blancs que laissait le navire dans son sillon mortel en ce présumé jour de deuil pour le pauvre lord Bing.

 

* * *

 

Ouais ! Cette grosse mégère aurait dû prendre le même bateau que le pauvre lord. Cette femme serait vite venue à bout de ce capitaine. Monsieur Du Calec... continuait de marcher. Que lui avait-il pris ? Lui, un petit fonctionnaire français au bureau des douanes, d’épouser ce monstre, cette fureur ambulante qui n’avait de cesse de critiquer tout ce qu’il faisait, allant même jusqu’à l’injurier parce qu’il portait son éternel chapeau melon, qu’il avait hérité de son oncle Albert, chef poissonnier à la cour du roi de France. Chaque fois qu’il allait faire ses courses ou qu’il se promenait dans le parc, elle l’injuriait : « You look like a dip stick », lui disait-elle. Il avait fini par traduire que ça voulait dire un bâton à saucer, mais il ne comprenait pas l’injure. Qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir à voir avec un bâton à saucer, et saucer quoi ? C’est quoi ça un bâton à saucer ? Merde, qu’elle aille se faire foutre, autant que ça pourrait se faire ! ! Il se sentait comme lord Bing sur son bateau, mais lui, il avait choisi le baril, et ne savait jamais quand la majeure viendrait.

 

Il prit soudain une décision qu’il espérait ne jamais regretter. Il pressa le pas, traversa la rue presque en courant et sentit soudain une étincelle d’espoir germer en lui. Ça y est, se dit-il, je quitte le navire. Adieu grosse vache ! Jamais plus tu ne m’injurieras ! Ta grosse face porcine jamais plus ne me dévisagera avec affront ! Je ne serai plus ton sac à merde, ton dip stick, ta femme de chambre de service ! Il contourna son immeuble, hésita pour une fraction de seconde, et ne jeta plus un regard en arrière. Il fouilla ses poches pour faire l’inventaire de ses possessions, mais aussi distraitement que ce put, car sa tête était ailleurs. Bon, comment allait-il faire ? Ça ne serait pas si facile. Il ne connaissait personne à Londres, sauf quelques collègues de travail qu’il n’oserait pas contacter de peur que la grosse vache le retrouve. Tout à coup, il se sentit bien seul. Le pari n'était pas gagné d’avance. Il regarda le ciel nuageux hivernal se noircir tranquillement. Il sentit le froid le gagner. « Voyons, pensa-t-il, je vais me rendre à ce pub où j'ai vu cette jolie rousse l’autre jour. » Elle lui avait semblé bien accueillante et lui avait souri, jusqu’à ce qu’elle voie débarquer la grosse qui lui avait ordonné de l’attendre là et de ne pas prendre plus qu’une pint pendant qu’elle allait faire coiffer sa grosse tête de cochon. Il tournait le coin de la rue, lorsqu’il aperçut la rousse qui battait un tapis à la porte d’une maison de chambre située à côté du pub. Elle l’aperçut presque en même temps. Son sourire apparut aussi presque simultanément. Décidément il jouait de chance. Il venait peut-être de trouver sa bouée.

 

* * *

Lord Bing sentit l’eau glaciale frapper ses jambes nues comme un coup de queue de bœuf bien appliqué (flagelle utilisé dans les Caraïbes pour fouetter les esclaves, fabriquée avec un pénis de bœuf saisi en état d’érection, ouch !). L’eau salée lui rapetissa tout ce qui lui servait de bijoux de famille, sa froideur s’insinuant dans les parties les plus vulnérables de son corps, le saisissant de terreur. À la seule pensée de se noyer, il se sentit perdre tout contrôle et tenta avec une rage proportionnée à sa peur de remonter à la surface le plus rapidement possible. Le goût du sel pénétra ses sinus et le fit vomir. Aussitôt qu’il émergea, il souffla comme un phoque en perdition. Il eut soudain une pensée lubrique envers le baril qui le fit sourire malgré sa situation désespérée. Le bateau continuait sa course comme s’il n’avait jamais fait partie de sa vie. Il réalisa la petitesse de son existence en regardant autour de lui pour ne voir que des étoiles et les vagues venant sur lui comme d’immenses murs d’eau qui passaient sous lui à la dernière minute, le soulevant au haut de la vague pour le faire se sentir comme un bouchon de liège flottant au gré des courants marins qui traversaient l’Atlantique à la jonction de la mer des Caraïbes.

 

Sa situation n’était pas prometteuse à tous les égards, mais au moins il avait le derrière propre, pensa-t-il en riant. La mort était sortie de sa tête. C’était bon signe. Il se rappelait avoir entendu des histoires de marins qui parlaient de survivants de la mer qui avaient flotté comme lui pendant des semaines (hé oui, je sais c’était les mêmes et à la même taverne). Sa sérénité face à la mort fut de courte duré et prit fin à la seconde où il sentit quelque chose frôler ses jambes nues. Un homme qui ne porte pas de pantalon se sent toujours plus vulnérable, vous me l’accorderez. Il essaya aussi-tôt de s’éloigner en nageant désespérément (encore !), mais le sprint fut de courte durée. Sa forme physique laissant plutôt à désirer. Dans la noirceur totale, il ne pouvait distinguer ce qui aurait pu le frôler ainsi. Sa première pensée fut naturellement pour les requins, qui, dans les histoires de la sorte, sont toujours les premiers à blâmer. Mais ce n’était pas le cas et il en sut rapidement la raison. Ses maigres connaissances de la mer laissant quand même place à certaines notions maritimes, il savait que quand les dauphins occupent un secteur, les requins s’en tiennent loin. Et si cette chose ne l’avait pas encore mangé, c’est qu’il y avait de bonnes chances que ce fût un dauphin. La chose le frôla une autre fois. Il crut sentir un peu plus d’insistance au contact physique. 

 

              

 

 

Il sentit sa peur s’apaiser un peu et continua à chercher dans le noir pour voir une forme quelconque. Celle-ci ne tarda pas à se manifester, avec un cri moqueur qui résonna dans la nuit comme le clairon de réveil de son ancien régiment d’infanterie. L’espèce de sardine géante fit un bond digne des meilleurs kangourous (ouach !) et amerrit avec fracas, presque au même endroit d’où elle avait jailli. Le cœur battant à tout rompre, lord Bing bondit maladroitement en direction du cétacé dans l’espoir de s’accrocher à sa nageoire légendaire, qui saurait peut-être le mener sous des cieux plus propices à survivre dans cet océan rempli de créatures toutes plus effrayantes les unes des autres. Le fait qu’il ne pouvait pas les voir, du moins jusqu’à la dernière minute, avant qu’elles ne l’attaquent et assurément le mangent, n’aidait pas sa cause. Son saut vers le dauphin n’ayant pas réussi, lord « Rutheford » Bing (que je cite de son plein nom ici, car il était temps que l’on sache son prénom, Ruth pour les intimes) décida de se relaxer un peu et d’économiser ses forces si minimes soient-elles, en vue de se reprendre plus tard avec cette espèce de sardine cabotine qui n’aurait sûrement pas réussi à se qualifier pour son entrée dans un cirque marin.

 

 

Il en était là dans sa réflexion lorsque tout à coup il se sentit soulever par une force extraordinaire qui le propulsa vers le haut à une vitesse vertigineuse. Il s’éleva dans les airs à une dizaine de pieds et retomba aussi sec dans son plan d’eau, ce qui lui fit l’impression de heurter un mur de brique. Étourdi et avalant encore une fois une bonne rasade d’eau salée, il jura, lorsqu’il le put enfin, de tous les jurons que sa bonne éducation pouvaient lui permettre. Il entendit ensuite l’eau clapoter autour de lui comme si un poisson s’amusait à y taper sa queue gaiement. Il sentit encore l’animal le frôler, mais cette fois-ci avec plus de persistance. Il le sentit très bien alors qu’il se plaça entre ses jambes nues pour le soulever avec douceur cette fois-ci, mais aussi avec assurance et fermeté. Il ne put qu’attraper la nageoire dorsale de la bête avant que celle-ci ne décide d’entreprendre une chevauchée dont il était bien malgré lui devenu le cavalier « fantastique ». Les premiers instants furent, quoique très déconcertants, enivrants à l’extrême. Il se croyait dans l’un de ses rêves d’enfant où tout est permis d’arriver grâce à l’innocence du mental que seuls les petits possèdent. La fatigue eut tôt fait de le faire revenir à la réalité.

 

Au bout de 20 minutes d’équitation aquatique, ses bras et ses jambes étaient devenus comme de la guenille, anémiques et sans tonus. Seul son instinct de survie le faisait s’accrocher. Il se sentait prêt à lâcher prise à tout moment. Il vit soudain la voûte étoilée venir à lui comme un grand manteau noir picoté de blanc. Il ne savait pas que c’était dans sa tête que ça se passait. Il perdit connaissance avec ce souvenir en mémoire.

 

Endos

 

L’escapade temporelle de lord Bing

 

C’est une histoire qui pourrait arriver à n’importe lequel d’entre vous, à condition de bien vouloir vous aventurer à l intérieur de vous-même et de croire ce qui peut s’y produire. Les voyages temporels ne sont pas exclusifs à notre héros. Par contre, les personnages de cette aventure eux le sont, puisqu’ils appartiennent à lord Bing, qui les a dûment créés pour vous divertir. Si vous possédez encore votre âme d’enfant et aimeriez croire pour quelques heures que vous pouvez partager les escapades temporelles de notre ami, je vous somme de vous joindre à nous dès maintenant, car c’est ici que débute votre propre aventure. Vous devez pour ce faire vous enregistrer sur le coupon qui suit afin de confirmer votre présence dans l’équipe de lord Bing, sinon vous pourriez avoir des difficultés à vous en sortir.

 

À bon entendeur salut.

 

 

 

 

Nom ……………                             Age…..

 

Prénom ………..                             Sexe….

 

Période de temps disponible pour cette aventure ……

 

Signature du participant……………………

 

 

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